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12 juin 2011

Du côté de chez Schwartz’s


Pour bien finir la semaine et fêter l’arrivée d’un week-end très mérité, quoi de mieux qu’un gueuleton hamburger-blabla avec une copine ? Rien, me direz-vous, et vous aurez bien raison. 

Samedi soir, pour briser un rituel quasi séculaire qui nous menait systématiquement dans une chaine bien connue dans la capitale (et non, détrompez-vous, il ne s’agit pas de McDo!) lors de nos faims de hamburger, nous sommes allées chez Schwartz’s.


Caché dans une perpendiculaire de la rue des Rosiers, au cœur du quartier du falafel, et recommandé par des expats américains comme le meilleur spot à burger de Paris, Schwartz’s se présente comme un cliché du deli New-Yorkais : banquettes en sky, nappes en toile cirée rouge et blanche à carreaux, affiches de célébrités et films qui font cohabiter Rocky, Obama, et une pub pour du pain de seigle Cacher. On s’y croirait presque !

La file devant la porte laisse planer l’idée que l’attente vaut la peine. On nous dit que les soirs de semaine, on peut réserver. 

Une fois installées, on nous sert quelques gros pickles à grignoter. Après avoir lorgné sur les victuailles de la table voisine, on commande de suite une barquette d’onion rings à partager : ils sont chauds, croustillants, et suffisamment nombreux pour deux en ‘appetizer’.

Onion Rings chez Schwartz's

Pour la suite, après avoir rapidement balayé sur la carte les salades, les sandwich pastrami qu’ils annoncent être ‘the best in Paris’ (ce qui n’est pas trop difficile quand deux ou trois resto seulement en font sur toute la capitale) et autres plats du jour, on s’arrête sur ce pour quoi on est là : les burgers. La liste propose une dizaine de préparations différentes, du hamburger classique au burger végétarien au tofu, au burger de chèvre pané, tartare, et j’en passe. Nous choisissons le Yankee burger (champignons, bacon de dinde et cheddar) et le Avocado burger (avocat, cheddar et sauce miel-citron), le tout avec des frites.

Yankee Burger chez Schwartz's

Les burgers sont assez énormes : la viande est en quantité généreuse, bien cuite ; le bun est pas mal, et la sauce est bien aussi. Le cheddar, par contre, est à la limite du plastique. Les frites sont très bonnes. Le petit ramequin de coleslow est sans intérêt particulier. Ceci dit, si on prend l’assiette dans son intégralité, c’est très bon, et même bien mieux qu’ailleurs !

Avocado Burger chez Schwartz's

Après avoir péniblement fini nos assiettes, on n’abandonne pas pour autant le sucré : on commande une part de Cheesecake nature avec des fraises. Le Cheesecake était très frais, comme en témoignait la croûte bien croustillante, et les fraises venaient agréablement rafraîchir le crémeux parfait et légèrement vanillé du gâteau. Malgré un choix difficile parmi Pecan Pie, Milk Shake Oreo et Strudel aux pommes, le Cheesecake était vraiment excellent, et a conclu le repas avec douceur.
Cheesecake chez Schwartz's

En bref : Simple et efficace dans ce qu'il propose, Schwartz’s, c’est le lieu idéal pour se croire à New-York le temps d’un burger. Les prix ne sont pas particulièrement excessif compte tenu de la quantité et de la qualité des assiettes : en moyenne 16euros le burger et 7euros le dessert. Le service est rapide, peut-être un peu trop, mais sympa et relax. Si vous vient une folle envie de faire des sandwich pastrami chez vous, sachez que Schwartz’s fait de la vente à emporter.

Nota Bene : Prévoyez une bonne marche digestive pour le reste de la soirée si vous êtes aussi gourmands que nous. 

Schwartz’s delicatessen, 16 rue des Ecouffes, Paris 75004, métro Saint Paul / Hôtel de Ville

Guillemette.

21 avril 2011

Chien Chaud parisien

Pour les parisiens temporaires et les parisiens longue durée, une petite info en passant.

Au 56 rue du Roi de Sicile, dans le Marais entre les métros Saint Paul et Hôtel de Ville, se trouve un chouette stand à Hot-Dog comme à New-York. Ce stand fixe, ‘Mosaïque’, propose pour la (presque) modique somme de 3 euros trois sortes de Hot-Dog : le US, avec sa fondue d’oignons, le Tex-Mex, tartiné de Chili, et l’Alsacien, à base de choucroute. 

Le petit pain est bien frais et moelleux, la saucisse est… ben, une traditionnelle saucisse à Hot-Dog, tout à fait correcte. Et là, par-dessus les garnitures sus-nommées, selon vos goûts et vos envies gustatives du moment il y a au choix moutarde et ketchup pour relever un peu le tout, et, cerise sur le gâteau, oignons frits et pickles sont laissés en self-service pour vous permettre d’ajouter votre grain de sel à votre chien chaud.

Seul et unique stand à Hot-Dog à Paris, et victime d’un bouche à oreille efficace, Mosaïque est souvent accaparé par une foule d’amateurs, de gourmands et d’affamés, mais ne vous inquiétez pas, le service est rapide, et ça vaut le goût, euh, le coût, de patienter un peu.

On s’y croisera peut-être un midi à l’heure de la pause, ou tard le soir après un apéritif prolongé !

Guillemette.
Illustration : marion.lyonreufflet@gmail.com

28 mars 2011

On va Dans les Landes … à Paris !

L’autre soir, le froid de cette fin d’hiver parisien m’a poussé à chercher une enclave ensoleillée pour le dîner. C’est comme ça que j’ai atterri Dans les Landes en bonne compagnie.

Dans les Landes, c’est la nouvelle adresse de Julien Duboué, le chef de Afaria, ce restaurant basque de la rue Desnouettes qui s’est fait une belle réputation en peu de temps. 

Par rapport à son aîné Afaria, le truc en plus de Dans les Landes, c’est qu’il s’agit d’un ‘restaurant à tapas’ ; on nous propose bien sûr un plat du jour chaque jour de la semaine, mais ce qui vaut le détour c’est vraiment la carte géante des tapas.


Comme à la table d’hôtes à l’entrée de Afaria, Dans les Landes propose de déguster des tapas qui sentent bon le pays Basque. La déco est blanche et rouge, et au dessus du comptoir sèchent des saucissons, jambons et cordes chargées de piments d’Espelette. 

Difficile de choisir, tout semble appétissant. Nous choisissons plusieurs assiettes de tapas à partager, avec un verre de Txacoli, ce vin blanc d’apéritif servi très frais en hauteur.

Tout d’abord, des mini croissants fourrés au jambon truffé : ils arrivent tièdes, couverts de fromage gratiné, et sont crémeux à souhait.

Viennent ensuite les morceaux de poitrine de cochon au sésame, croustillant, chauds, fondants et savoureux.

Nous attaquons ensuite les cous de canard épicés et légèrement sucrés : là, il faut abandonner les manières civilisées et attaquer à la main pour ne pas en perdre une miette.

Enfin, la gourmandise a apporté une dernière planchette sur la table : des rillettes de sardines au piment d’Espelette, crémeuses et bien relevées, avec des petits toasts de pain.

Parmi les délices inexplorés de la carte géante de tapas, la terrine de foie gras maison évidemment, mais aussi chichons, chipirons, garbure, panisse, cœurs de canard, … La carte des desserts reste elle aussi à découvrir, avec entre autres douceurs le fameux gâteau basque.

Le service est sympa et pas envahissant, et les prix sont raisonnables pour la qualité de l’assiette. La grande terrasse extérieure laisse présager de longues soirées d’apéritif et tapas pour les beaux jours.

Si tout cela vous a mis en appétit, mettez-vous en route pour les Landes mais pensez à réserver avant… Dans les Landes risque de devenir rapidement l’enclave provinciale la plus bondée de Paris.

Dans les Landes - 01 45 87 06 00 – Service en continu, fermé le dimanche
119 bis rue Monge, métro Censier-Daubenton (Paris 5ème)

Guillemette.
Illustration : marion.lyonreufflet@gmail.com

9 mars 2011

L’ennui au Horror Picture Tea

Dès l’instant où j’en ai entendu parler sur Twitter en décembre dernier, le Horror Picture Tea a aiguisé ma curiosité : un bistrot qui se transforme en pâtisserie/salon de thé, avec un thème rock n’roll et un salon de tatouage en sous-sol, c’est osé, innovateur, ça bouscule les clichés salons de thé-mémé, et ça risquait de bien me plaire.

Fin décembre, accompagnée par une copine-collègue pâtissière, je me mets en route pour le 91 rue Saint Honoré malgré le froid et la neige, toute émoustillée par la perspective de découvrir ce lieu. Après 30 minutes passées à tourner dans le quartier sans trouver le lieu sus-nommé, on déclare forfait et on va se consoler en compagnie d’un cheesecake chez Delyan

Je découvre alors que les infos glanées sur Twitter n’étaient que des coups de pub annonçant l’ouverture prévue en janvier… Je reste patiente, et en attendant de pouvoir repartir en expédition, je me renseigne un peu plus; la page Facebook et les premiers posts sur différents blogs ne me déçoivent pas : le Horror Picture Tea ça a l’air bien chouette, avec ses murs retapissés de petites têtes de morts, ses bonnes et très jolies pâtisseries, sa musique rock, ses tatouages, ses nocturnes, et la faune de passage. Tout le monde n’en dit que du bien, et le Figaroscope et Télérama, pour ne citer qu’eux, s’y mettent aussi. Autant dire que le suspense est à son comble et que j’ai très hâte de pouvoir enfin y aller !

Un soir de la fin février, donc, je me remets en route avec la copine-collègue. Encore une fois on cherche un peu avant de tomber dessus – c’est un peu caché derrière l’enseigne du Bistrot du 1er. Il est environ 21h quand on entre. On s’étonne vaguement de ne voir que des hamburger-frites dans les assiettes. On s’installe, et on demande la carte des pâtisseries.
Et là, surprise : ‘Ah ben non, hein, à cette heure-ci, ben on a plus de pâtisseries. Il nous reste un peu de tarte chocolat et des verrines framboise, mais c’est tout’. 

Déception suprême ! Désillusion incommensurable !! Frustration phénoménale !!! Tout ça pour ça !

Comme on est des filles sympas, et aussi qu’on avait un peu faim quand même, on reste et on commande pour l’une le hamburger (avec de très bonnes pommes de terre rissolées) et une salade du Sud-Ouest (bof bof). On bavarde, on écoute la musique, qui est tout à fait agréable pour les amateurs de rock rétro et indé comme moi. On se prend même à chantonner sur un Beatles ou un Blondie. Et puis comme on était quand même là pour les pâtisseries, on a commandé un dessert.

Et encore une fois, quelle déception quand on a vu arriver un triste moelleux au chocolat, pas mauvais, mais qui de toute évidence venait des cuisines (du congélateur ?) du bistro et non de celle des pâtissiers. 

Déception suprême ! Désillusion incommensurable !! Frustration phénoménale !!! Tout ça pour ça !

En partant, je vais quand même faire un tour au sous-sol pour jeter un œil au salon de tatouage : c’est à côté des toilettes et offert aux yeux de tous, donc à moins de ne se faire tatouer que la main ou d’être un chouïa exhibo, on n’a pas vraiment envie d’y aller pour se donner en spectacle.

 Alors, résumons.

Le Horror Picture Tea, sur le papier, c’est génial. Enfin un concept nouveau qui semble bousculer un peu le calme feutré des pâtisseries/salons de thé habituels. Mais une fois passé le seuil, on se rend vite compte que si leur communication est rôdée, que l’agence évènementielle fait un travail remarquable, que le visuel est excellent, … il n’y a pas grand-chose d’intéressant derrière. Je n’irais pas jusqu’à parler de publicité mensongère, mais l’image ne colle pas vraiment à la réalité, et ce soir-là, si il n’y avait pas eu musique un peu sympa, on aurait passé la soirée dans un banal bistrot du quartier des Halles.
Donc, le Horror Picture Tea, j’en ai rêvé, j’ai testé, et je n’irai plus. Je retournerai plutôt dans les boui-bouis qui ne bénéficient d’aucune médiatisation mais qui ne proposent que ce qu’ils peuvent offrir.

Alors, si vous voulez quand même y faire un saut et juger par vous-même, tenez-moi au courant de vos impressions. On ne sait jamais, il m’arrive même de changer d’avis !

Horror Picture Tea, 91 rue Saint Honoré, Métro Châtelet

Guillemette.
Illustration : marion.lyonreufflet@gmail.com

3 mars 2011

Apericena : Turin dans mon assiette au Miroglio caffè

Le Miroglio caffè, c’est une petite enclave italienne qui se terre au cœur du gris gris quartier des Halles : coincé entre un kebab, un stand de vêtements indiens et une boutique de souvenirs so kitsch, il faut être attentif pour le voir. Mais une fois le seuil franchi, un vague sentiment de dépaysement se fait sentir, ça ne ressemble plus à ce qu’on connait à Paris : plus aucun doute, on est bien dans un bar à l’italienne.

Et quand je dis à l’italienne, c’est un abus de langage : non, en fait il s’agit ici d’un bar comme à Turin, ville capitale du Piémont, si particulière que certains vont jusqu’à dire qu’on n’y est plus en Italie mais dans un pays à part entière.

Je perds toute objectivité quand je parle de Turin, vous pouvez donc tout à fait mettre ma parole en doute quand je vous dis que c’est une ville magnifique, discrète et gourmande. En revanche, il est notoire que Turin est la ville des cafés et des bars : les établissements historiques, raffinés et confortables, pullulent. De Baratti & Milano au Caffè Fiorio, pour n’en citer que deux, on peut se prélasser à toute heure du jour, en commençant par un cappucino ou un ‘bicerin’ (boisson chaude typique de Turin, surperposant café, chocolat et crème), suivi d’un sandwich ‘tramezzino’ ou d’une bonne glace, pour attaquer ensuite l’apericena une fois le soir venu.



L’apericena, c’est une véritable institution turinoise qui a maintenant envahi le reste de la botte. Il s’agit de faire d’une pierre deux coups pour l’apéritif (aperitivo) et le dîner (cena) : en Italie, pour le prix d’un verre d’apéritif, de vin, ou un cocktail, vous aurez accès à un buffet A VOLONTE – oui oui, vous avez bien lu – garni, selon le bar, d’une quantité  de plats de légumes marinés, quiches, pâtes, charcuteries, fromages, et autres antipasti divers et variés. Autrement dit, pour moins de 10euros, on boit et on dîne copieusement. C’est accessible à tous, c’est convivial, interactif et informel, chacun se débrouille avec son assiette et son estomac, on se sert, on se ressert, (on se re-re-sert) (enfin je veux dire, euh… si on veut se re-re-servir, on peut, et personne ne fait les gros yeux !), on engage la discussion avec les autres personnes autour du buffet, et tout le monde est content. L’été, à l’heure de l’Apericena, les terrasses des bars en Italie sont pleines à craquer de jeunes et moins jeunes sirotant un verre et grignotant les spécialités culinaires du buffet de tel ou tel établissement. La concurrence est rude : les clients comparent la qualité et la quantité des mets proposés d’un bar à l’autre et se passent le mot. Ces Apericena sont partout, du banal bar de quartier au bar lounge ultra ‘in’ où les jeunes hype passent avant d’aller à la discoteca. Certains bars vont même jusqu’à ne proposer que cette formule.  J’avoue qu’une fois de retour en France, il y a bien de quoi faire la tronche devant la maigre coupelle de cacahuètes cra-cra du bar parisien.

Ce qui me ramène donc au Caffé Miroglio : imaginé par la patronne turinoise Marina Miroglio comme une réplique exacte des bars turinois à Paris, vous pourrez y découvrir les boissons chaudes turinoises en journée, et le soir trainer entre amis autour d’un apericena.
Certes, le tarif est plus proche des normes parisiennes… mais ça reste très correct. Selon la boisson que vous prenez, le prix de l’apericena varie : par exemple, pour une bière, ce sera 12euros ; pour un verre de vin Prosecco, ce sera 14euros ; pour un méga cocktail avec des grosses brochettes de fruits frais, c’est 18euros. Et avec ça, zou, en route vers le buffet à volonté pour remplir votre écuelle.

Les plats sont tous faits sur place et varient au fil des jours, mais grosso modo, on peut compter tous les jours sur les légumes marinés, les pâtes, les quiches, les gratins et la charcuterie.


Le Miroglio caffè est tenu par des italiens, de la salle à la cuisine. La clientèle est variée mais compte pas mal d’italiens, ce qui est toujours bon signe. Le décor est rococo, et même si on est quand même loin du baroque turinois, les gros lustres, les petits fauteuils ronds, les grands miroirs et la vitrine à pâtisseries ‘come a Torino’ mettent à l’aise. Le service est sympathique et patient, j’ai testé – ben oui, la carte est longue et il faut du temps pour tout décortiquer !

En bref, il n’y a pas de quoi se précipiter dès ce soir au Miroglio caffè pour son Apericena, mais le bar est sympa et agréable, et l’Apericena est tout à fait correct et a le mérite d’être le premier en son genre à Paris. J’espère que ça donnera des idées à d’autres personnes !

Miroglio Caffè : 88 rue Saint Martin, 75004 Paris - Tél. 01 42 71 21 24
  

Guillemette.
Illustration : marion.lyonreufflet@gmail.com